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SCIENCES

Licences professionnelles en alternance : regards croisés

Pascal Manoury, maître de conférences en informatique, est co-responsable de la licence professionnelle intégrateur et gestionnaire de flux numérique, préparée avec l’École Estienne et le CFA des Sciences. Bertrand Cosson, maître de conférences en biologie du développement et génomique fonctionnelle, dirige, depuis la station biologique de Roscoff, la licence professionnelle industrie agroalimentaire – alimentation option sécurité alimentaire, avec le CFA ISFFEL. Ces deux licences professionnelles sont préparées par la voie de l’apprentissage. Regards croisés...

 

À quels métiers vos deux filières respectives forment-elles ?

P. M. - À des métiers totalement nouveaux ! En effet, nos diplômés possèdent une double compétence innovante, à la fois graphique et numérique, qui leur permet de gé­rer et d’optimiser l’ensemble d’un processus de produc­tion numérique – l’impression mais aussi toute la gestion associée – dans les industries graphiques. Ils sont res­ponsables de projets numériques et web, gestionnaires de systèmes d’impression ou encore administrateur de réseau et base de données graphiques. Dans des impri­meries, bien sûr, mais aussi les groupes d’édition, chez les fabricants de matériel informatique, etc. Les débou­chés sont très larges : la preuve, un de nos diplômés a effectué son apprentissage chez un producteur de fruits et légumes, soucieux de mettre en place une solution flux numérique pour son étiquetage.

B. C. - À un métier en plein essor : celui de spécialiste de la sécurité alimentaire et de la qualité des produits. Une compétence que recherchent principalement les entreprises de l’industrie agro-alimentaire et de la res­tauration collective ainsi que les enseignes de la grande distribution. Nos diplômés y débutent comme responsa­ble qualité ou assistant qualité selon la taille de l’entre­prise. Leur mission ? Assurer l’innocuité des aliments produits ou vendus en développant des démarches tel­les que l’HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point), qui vise à identifier les points critiques d’une chane de fabrication (comme la rupture de la chane du froid ou la cuisson d’un produit à la mauvaise température, par exemple), en diffusant de bonnes pratiques d’hygiène ou encore en assurant une traçabilité des produits. Ils peu­vent également être auditeur conseil ou technicien supé­rieur au sein de laboratoires spécialisés dans l’analyse de produits alimentaires ou dans la réalisation d’audits conduisant à des certifications.

 

Des formations qui semblent être en parfaite adéqua­tion avec les besoins des entreprises et du marché ?

P. M. - Tout à fait. À l’ère du numérique, le métier d’im­primeur est en pleine révolution : la photocomposition et l’offset cèdent la place de plus en plus aux technologies performantes que sont les presses numériques. Grâce à leur connaissance de l’industrie graphique – beaucoup de nos étudiants arrivent un BTS industrie graphique en poche – et à leur formation informatique dispensée en licence, ils sont capables de répondre aux problémati­ques des entreprises, et même de devancer leurs be­soins. Lors de son apprentissage, un de nos étudiants a ainsi proposé au groupe de presse qui l’accueillait une solution visant à raccourcir le flux numérique jusqu’alors complexe et faciliter ainsi la publication de données sur le Web. Nos diplômés sont de très bons concepteurs !

B.C. - Depuis l’épisode de l’encéphalopathie spongiforme bovine dite « la vache folle », la prévention des crises ali­mentaires, même mineures, est devenue une nécessité pour les entreprises concernées. Des organismes tels que l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) veillent, d’ailleurs, au grain. Notre formation qui allie un enseignement de qualité en biologie délivré par l’Sorbonne Université, ici, à Roscoff, et des cours professionnels as­surés par le CFA ISFFEL sur le site voisin de Saint-Pol-de-Léon, rend les étudiants capables d’aller chercher à la source les informations sur une éventuelle crise ali­mentaire et par conséquent de la prévenir. Pour coller au plus près aux besoins des entreprises, nous dialoguons régulièrement avec elles et faisons évoluer le contenu de nos cours chaque année. Ainsi, nous avons renforcé no­tre programme en nutrition car nous avons constaté, par exemple, que la question des allégations nutritionnelles (les mentions « riche en calcium », « source de vitamines » ou « protège contre le cancer » apposées sur les em­ballages) devenait délicate pour les entreprises et leurs équipes marketing et requérait un regard scientifique.

 

De quelle façon les entreprises, justement, s’impli­quent-elles dans vos formations ?

P. M. - En accueillant nos étudiants en apprentissage et en participant activement à nos cours et conférences. Notre formation s’appuie sur un partenariat avec l’Ecole Estienne, laquelle jouit d’une excellente notoriété et d’un très bon carnet d’adresses. Un expert PDF intervient donc régulièrement, de même qu’un graphiste et des professionnels de grandes entreprises telles que Xerox. Une très grande part des enseignants eux-mêmes ont derrière eux une pratique professionnelle.

B. C. - Un vrai contrat pédagogique est passé avec les en­treprises qui accueillent nos étudiants en apprentissage. Chaque tuteur s’engage à suivre pas à pas son apprenti et remplit, pour ce faire, des fiches de suivi, à l’issue de chaque période que l’étudiant passe dans l’entreprise. Des responsables qualité ou des auditeurs assurent également, deux semaines dans l’année, un cours « fi­lière » à nos étudiants. Ils y présentent leur entreprise et les spécificités de leur secteur. Enfin, les étudiants réali­sent, au cours de leur formation, un audit de deux jours dans des entreprises (autre que celles qui les accueillent en apprentissage) qui se prêtent à l’expérience.

 

Qu’apporte réellement l’apprentissage à vos étudiants ?

P. M. - C’est une première expérience professionnelle ! Les étudiants mènent à bien un véritable projet, défini conjointement avec l’entreprise et les enseignants. Ils mettent en pratique leurs connaissances techniques et se confrontent à des problématiques concrètes. Leur perception des enseignements change et leurs ques­tions pratiques affluent. C’est formidable de les voir ainsi évoluer

B. C. - Nos étudiants remplissent de vraies missions clés pour l’entreprise. Cela va de la refonte d’un schéma nettoyage-désinfection à la découverte de l’origine d’un problème organoleptique sur une conserve de poisson. C’est une immersion professionnelle totale.

 

Qui dit immersion professionnelle, dit bonne insertion professionnelle ?

P. M. - En effet, nos diplômés n’ont aucune peine à dé­crocher un emploi : selon nos enquêtes insertion, deux ans après leur sortie de l’université 100 % de nos diplô­més sont en poste, ou pour une minorité en poursuite d’études. C’est une belle réussite.

B. C. - Tout à fait ! Six mois après l’obtention de leur di­plôme, 80 % de nos étudiants occupent un emploi dans le secteur ad hoc : en clair, ils exercent leur métier. Beaucoup d’entre eux, et c’est important de le souligner, sont embauchés par l’entreprise qui les a accueillis en apprentissage. Quatre ans après leur sortie de l’univer­sité, 100 % sont en poste.

Emmanuelle Sampers - 05/01/18

Traductions :

    Chiffres clés

    La faculté des Sciences et Ingénierie compte :
    79 laboratoires de recherche
    25 fédérations de recherche
    22 départements de formation
    4 observatoires - l'Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer - l'Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer - l'Observatoire océanologique de Roscoff - l'Observatoire...

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