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SCIENCES

La robotique au secours des troubles psychiques

L’Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique (ISIR) fait preuve d’une véritable dynamique d’innovation dans ses activités consacrées aux handicaps. Le laboratoire a récemment renforcé sa collaboration avec le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de la Pitié-Salpêtrière pour lui apporter son expertise d’ingénierie dans la conception d’outils originaux dédiés à la compréhension et à la prise en charge des troubles du développement.

 

Les systèmes développés à l’ISIR permettent de proposer aux professionnels de santé et aux patients des techniques et des solutions pour le diagnostic, la thérapie ou la suppléance des handicaps moteurs, mais également psychiques et mentaux. « Les techniques de la robotique peuvent apporter des éléments de réponse pour la création de supports d’objectivation et de suivi des troubles psychiques qui provoquent une inadaptation environnementale et sociale. Ceux-ci concernent une population très importante », explique Philippe Bidaud, directeur de l’ISIR. « Tous les ans, près de 6 000 enfants naissent avec un handicap mental. Les troubles du développement de l’enfance et de l’adolescence sont en nette augmentation et un tiers sont des formes sévères d’autisme ».

L’alliance de l’ingénierie et de la psychologie pour les enfants handicapés

 

Le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de la Pitié-Salpêtrière, une référence dans la prise en charge du handicap psychique sévère de l’enfant, a déjà plusieurs fois sollicité le laboratoire : « Dans nos recherches, nous avons souvent affaire à des phénomènes complexes, difficiles à aborder avec les outils classiques de psychologie expérimentale », explique David Cohen, chef de ce service et professeur à l’Sorbonne Université. « Nous avons sollicité Mohamed Chetouani, chercheur à l’ISIR, lorsque nous avons été bloqués sur certaines questions d’interactions sociales dans l’autisme, notamment l’étude des relations parents- enfants autour du « parler bébé ». L’ISIR a produit pour nous un système automatisé qui extrait, à partir des films familiaux d’enfants devenus autistes, les conversations en « mamanais » des bandes audio. » Plus tard, David Cohen a voulu analyser les compétences langagières, mais également prosodiques des enfants autistes et dysphasiques : leurs intonations de voix, la traduction de leurs émotions... « Ces champs étaient jusqu’alors peu explorés à cause de verrous techniques... que l’ISIR a pu lever », explique-t-il. En janvier 2010, la collaboration entre l’ISIR et le service de la Pitié-Salpêtrière s’est formalisée : « J’ai proposé à Philippe Bidaud d’intégrer l’équipe Perception Artificielle avec deux psychologues, Monique Plaza du CNRS et Laurence Chaby de l’université Paris Descartes, pour imaginer des systèmes intégrés, automatisés et adaptatifs issus de la robotique utiles à l’accompagnement des enfants présentant un handicap psychique ou cognitif. » David Cohen souhaite notamment développer cette recherche pluridisciplinaire pour optimiser des techniques de remédiation telles que le biofeedback : « Nous cherchons à inventer un jouet pour les mamans et les enfants qui, par une signalisation particulière, aidera à la prise de conscience d’une perte de « mamanais » et incitera à la reprise d’interaction ». Un autre projet unit l’ISIR et la Pitié-Salpêtrière : un robot mobile qui permet à des enfants hospitalisés la visite « virtuelle » de leurs de parents, reliés par Webcam via une connexion Wifi. « Le robot-parent pourrait se déplacer dans les chambres, visiter l’enfant, lui parler et aller voir une infirmière pour poser une question », s’enthousiasme le professeur Cohen.

Vers l’âge adulte : accompagner l’autonomie

 

Dans les troubles psychiques des plus jeunes, la question de l’autonomie à domicile se pose : « Même s’ils ont des déficits et des difficultés, certains enfants auront plus tard des capacités d’autonomie. Nous croyons dans l’utilité de systèmes automatisés qui permettraient de mettre une surveillance minimale, le rappel des prises de médicaments, éventuellement de suivi de paramètres physiologiques. » Cette idée que David Cohen souhaite voir se matérialiser grâce aux chercheurs de l’ISIR « saurait » favoriser la prise d’initiative : « Nous souhaitons des dispositifs interactifs qui s’adaptent aux progrès des jeunes : le robot ne donnerait pas d’ordre mais n’interviendrait qu’en cas de défaillance ».

29/12/17

Traductions :

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