Anaïs Zidoun
Agente au Service Sécurité Incendie
Être sur le terrain et aider les gens, c’est ce qui me motive
- Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours ?
Mon parcours est un peu atypique. J’ai commencé dans le secteur de l’esthétique, mais je me suis rapidement rendue compte que cela ne correspondait pas à mes attentes. J’ai rejoint Sorbonne Université il y a 18 ans et j’y ai découvert ma vocation pour le service à la personne et la sécurité.
J’ai commencé à l’accueil , puis je me suis formée au SSIAP 1 (Service de Sécurité Incendie et d’Assistance à Personnes) pour devenir agente de sécurité incendie. Mes missions portaient sur la prévention des risques, la surveillance des bâtiments et la protection des personnes dans un ERP (Établissement Recevant du Public).
Le travail en sécurité demande une forte présence sur le terrain, ce qui a été plus contraignant pendant mes grossesses. L’établissement m’a permis, grâce aux formations internes de l’université, de pouvoir occuper temporairement d’autres fonctions : gestionnaire comptable, puis opératrice en vidéosurveillance ; ce qui a favorisé mon équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. Je suis ensuite revenue à l’accueil avant d’intégrer définitivement le Service Sécurité Incendie (SSI) il y a 10 ans et d’obtenir le SSIAP 2, qui me permet aujourd’hui d’encadrer et de coordonner les équipes sur certaines missions.
- Qu’est-ce qui vous a motivée à rejoindre le Service Sécurité Incendie ?
Je voulais exercer un métier d’utilité publique, tourné vers la protection des personnes et des biens, dans un environnement classé ERP soumis à des exigences réglementaires élevées. Le Service Sécurité Incendie me permet d’agir concrètement sur le terrain, en prévention, en gestion des risques et en intervention en cas d’urgence.
Il offre aussi une organisation compatible avec l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Je suis toujours restée rattachée à la DLM (Direction Logistique et Maintenance).
- Quelles sont vos missions au sein du service ?
J’exerce l’ensemble des missions d’un SSIAP en ERP. Au quotidien : rondes de sécurité, contrôle des dispositifs incendie (extincteurs, alarmes, désenfumage), vérification des issues de secours et prévention des comportements à risque, dans le respect de la réglementation.
Je participe également aux gardes et à la veille opérationnelle. En cas d’incident, j’interviens immédiatement : application des procédures, reconnaissance des zones, mise en sécurité et évacuation du public, accueil et guidage des secours.
Le SSIAP, c’est aussi l’assistance à personnes : malaise, chute, accident, problème cardiaque, personnes bloquées dans un ascenseur, fuite de gaz ou d’eau. Formée aux gestes de premiers secours et spécialisée en santé mentale, j’accompagne aussi les étudiantes et étudiants en situation de stress ou de détresse, notamment en période d’examens. Le service travaille en lien étroit avec l’infirmière du campus et compte d’anciens pompiers de Paris et des pompiers volontaires.
- Y a-t-il des aspects de ce poste qui vous ont surprise ?
La continuité de service est un véritable point fort : nous sommes présents 24h/24 et 7j/7, week-ends et jours fériés inclus. Cette organisation garantit un haut niveau de sécurité dans un ERP ouvert en permanence et une grande réactivité en toutes circonstances.
Les situations rencontrées sont très diverses, de l’urgence vitale aux demandes spécifiques liées à la sécurité. Travailler sur ce campus exige aussi une connaissance très fine du site : bâtiments complexes, laboratoires à risques, zones techniques, équipements sportifs… Chaque accès, chaque équipement et chaque procédure doivent être parfaitement maîtrisés.
- Est-ce que les étudiantes et étudiants sont réceptifs aux consignes de sécurité ?
Deux exercices d’évacuation sont organisés chaque année, comme l’impose la réglementation. Ils permettent de tester les dispositifs, d’évaluer la réactivité et de diffuser les bons réflexes. Leur utilité est parfois sous-estimée, d’où l’importance de notre travail de pédagogie : expliquer, répéter, rappeler les règles essentielles — issues dégagées, respect de la signalisation, bon usage des équipements et comportement adapté en cas d’alarme. La sécurité est l’affaire de tous.
- Quels sont vos projets pour l’avenir ?
Je souhaite évoluer vers un poste de cheffe de poste dans les 3 à 4 ans. Cela implique davantage de responsabilités : pilotage des équipes, supervision du PC sécurité, coordination des interventions, gestion des priorités en situation de crise et interface avec les secours et les autorités. Je veux aussi poursuivre la formation continue, notamment en secourisme opérationnel et en accompagnement en santé mentale.
- Avez-vous rencontré des difficultés en tant que femme dans un métier parfois considéré comme masculin ?
Je n’ai pas rencontré de difficultés particulières. Ma présence est souvent un atout, notamment pour des personnes qui se sentent plus à l’aise avec une femme. Le dialogue permet aussi d’apaiser certaines situations. Aujourd’hui, nous sommes quatre femmes sur 35 dans le service, et la féminisation des métiers de la sécurité est en progression.
- Quelle est la spécificité de votre service ?
Nous faisons pleinement partie de Sorbonne Université et de ses sites classés ERP. Nous connaissons parfaitement les lieux, les risques et les publics. Cette proximité nous rend plus réactifs, plus efficaces et plus accessibles. Notre mission dépasse la seule sécurité incendie : chaque jour, nous veillons à la protection, à l’assistance et au bien-être de l’ensemble de la communauté universitaire.