Dany Lomencoborrea
Appariteur
Être appariteur, c’est bien plus qu’ouvrir des portes.
- Pouvez-vous vous présenter et nous décrire votre parcours ?
Je suis appariteur sur le campus Pierre et Marie Curie depuis mars 2022. Mon arrivée à Sorbonne Université est une reconversion. J’ai tout d’abord suivi un CAP cuisine et j’ai travaillé dans ce domaine pendant plus de vingt ans, de mes 15 à 37 ans. J’ai commencé dans la cuisine d’un hôtel, avant de m’orienter vers la cuisine industrielle afin de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale. Malgré cela, le rythme restait très exigeant physiquement. Alors, sur la recommandation d’un ami et grâce à mon aisance en informatique, j’ai postulé à Sorbonne Université et j’ai rejoint le campus en tant qu’appariteur.
- Pouvez-vous expliquer en quoi consiste le métier d’appariteur au quotidien ?
Ma journée commence vers 7h avec la récupération du planning qui m’indique quelles salles et quels amphithéâtres doivent être ouverts ou fermés. J’ouvre donc les salles, et uniquement celles qui doivent l’être, afin d’éviter qu’elles restent toutes accessibles et sans surveillance. Ensuite, j’y installe le matériel nécessaire (vidéoprojecteurs, copies d’examen, feutres, etc.) et je vérifie qu’aucun objet n’y a été oublié. Je fais le même travail dans les amphithéâtres : je nettoie les tableaux et vérifie le matériel.
Tout au long de la journée, je contrôle le bon fonctionnement des équipements, car un matériel peut très bien fonctionner le matin et être en panne l’après-midi. Après les vacances, par exemple, nous vérifions l’ensemble des vidéoprojecteurs. Il faut aussi s’assurer que les enseignantes et enseignants sont bien installés dans la bonne salle.
Au total, nous gérons 22 amphithéâtres et près de 146 salles pour une équipe de 24 agentes et agents, avec des cours qui commencent dès 8h30 et qui peuvent se terminer à 20h15. Chaque appariteur et apparitrice a un secteur attitré, mais il est essentiel de connaître aussi celui des collègues pour pouvoir s’organiser en cas d’absence.
Enfin, tout au long de la journée, nous répondons aux questions et aux demandes qui nous parviennent par téléphone grâce au numéro affiché dans chaque salle et dans chaque amphithéâtre.
- Quelles sont les principales difficultés de votre travail et comment les gérez-vous ?
Il faut traiter des petits conflits du quotidien, notamment lorsque des étudiantes ou étudiants souhaitent rester seuls dans une salle et adoptent des comportements à risque. Désormais, si elles ou ils veulent travailler dans une salle sans surveillance, nous devons être prévenus à l’avance et nous passons régulièrement nous assurer que tout va bien.
Il y a d’autres situations à gérer : enseignantes ou enseignants dans la mauvaise salle, salles que l’on pense vides alors qu’un cours est en train de commencer…. L’important est de rester calme, il y a toujours une solution. En cas de besoin, il ne faut pas que les usagères et usagers hésitent à nous joindre par téléphone.
- Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?
Ce que j’apprécie le plus, ce sont les interactions humaines, notamment avec les enseignantes et enseignants. On apprend énormément à leur contact. J’ai rencontré des profils très variés : médecin, cardiologue, aide-soignant, médiatrice, formatrice… qui m’ont beaucoup appris. Je ne pensais pas qu’il existait autant de disciplines différentes. Les échanges avec la communauté étudiante sont également très enrichissants. C’est un métier dans lequel on apprend tous les jours.
- Pensez-vous que le rôle d’appariteur est bien connu et reconnu ?
Pas suffisamment. Beaucoup de personnes pensent que notre travail se limite à ouvrir des portes, alors qu’il va bien au-delà. Nous faisons aussi de la médiation, de la gestion de conflit. Être appariteur, c’est bien plus que ce que l’on imagine.
- Que diriez-vous à quelqu’un qui souhaiterait exercer ce métier ?
C’est un très beau métier pour lequel il faut avoir de la patience, être à l’écoute, ne pas être tête brûlée et avoir quelques bases en informatique. C’est un travail agréable, avec beaucoup de contacts humains, et qui est clairement moins stressant que le milieu de la restauration.