Gabriele Lococciolo
Chargé d’affaires Europe et partenariats publics, de retour de mobilité en Italie
Cette mobilité m’a permis d’avoir un vrai recul sur mes pratiques professionnelles et m’a enrichi personnellement.
- Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre fonction ?
Je travaille à la Direction de la recherche et de la valorisation (DRV) de la faculté des Sciences et Ingénierie de Sorbonne Université. Je suis chargé d’affaires Europe et partenariats publics, avec un périmètre qui couvre les unités de recherche en chimie, en biologie et les stations marines.
Mon rôle consiste à accompagner les chercheurs et chercheuses dans leurs activités contractuelles : veille, montage de projets, dépôt de candidatures et contractualisation des financements.
J’ai pris mes fonctions en mars 2025, après un parcours en Relations internationales à l’Université Catholique du Sacré-Cœur de Milan, puis un master en LEA : Affaires européennes à Sorbonne Université.
- Dans quelle université avez-vous effectué votre mobilité et qu’est-ce qui vous a motivé à participer à ce programme Erasmus+ ?
J’ai effectué ma mobilité en Italie, à l’Université de Milan, qui est une université membre de l’alliance 4EU+, du 18 au 21 mai 2026.
Mon objectif principal était de voir comment d’autres universités européennes organisent la gestion de la recherche et des financements, qu’ils soient nationaux ou européens.
Au sein de la DRV, nous travaillons avec des procédures et des circuits bien définis, sans forcément avoir l’occasion de comparer nos pratiques avec celles d’autres universités. Jusqu’à présent, lorsque j’échangeais avec des partenaires dans le cadre de projets de recherche en Italie, mes interlocuteurs et interlocutrices étaient principalement des chercheurs et chercheuses. J’avais peu de contacts avec mes homologues administratifs et je souhaitais donc mieux comprendre comment leur travail était organisé au sein des universités italiennes.
- Comment avez-vous préparé votre mobilité ?
J’ai déposé ma candidature via le service des relations internationales. Une fois mon profil sélectionné, un contrat de mobilité a été signé entre les trois parties concernées.
J’ai ensuite reçu un pack mobilité très complet avec toutes les informations pratiques : transport, hébergement, et organisation du séjour.
Le financement repose sur une bourse forfaitaire Erasmus+, calculée en fonction de la distance entre les deux établissements et du pays de destination.
- À quoi ressemblait votre programme sur place ?
Mon programme a été construit conjointement avec l’Université de Milan, à partir de mes objectifs professionnels et de mes intérêts.
J’ai passé plusieurs jours au sein de la Direction Services pour la Recherche de l’université et une journée sur le terrain, dans les laboratoires de chimie et de mathématiques.
Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la richesse des interactions. Les équipes étaient très disponibles, avec des présentations formelles mais aussi beaucoup d’échanges informels. Et surtout, une vraie curiosité : on m’a posé beaucoup de questions sur notre propre organisation, ce qui a rendu les discussions très vivantes.
- Qu’avez-vous observé de différent dans l’organisation de la recherche ?
À l’Université de Milan, il existe une direction de la recherche unique pour l’ensemble de l’université, tandis qu’à Sorbonne Université, il y a également une direction par faculté. Aussi, j’ai eu l’impression qu’en Italie il n’y a pas de programmation structurée annuelle autour des financements de la recherche, ainsi les appels à projets ne suivent pas toujours un calendrier fixe, ce qui donne un fonctionnement moins prévisible.
J’ai été marqué par l’organisation de la gestion des contrats de recherche. Les équipes milanaises travaillent de manière très collaborative et n’hésitent pas à solliciter l’expertise d’autres directions lorsqu’elles sont confrontées à des questions spécifiques. Cette approche favorise le partage de compétences et la sécurisation des procédures.
La gestion des financements est organisée plutôt par étapes du cycle de projet (montage, contractualisation, suivi), qui sont toutes assurées par différents pôles de la direction. À Sorbonne Université, elle est structurée par discipline, et les étapes de montage et contractualisation se passent dans ma direction, alors que le suivi des contrats de recherche est assuré par une autre direction au niveau universitaire.
Une autre différence concerne les structures de recherche elles-mêmes. En Italie, les activités sont davantage organisées autour de départements, qui ont l’air d’être des structures moins formalisées que les laboratoires de recherche dans le système français (unités de recherche répertoriées dans un registre national, chacune avec un code bien identifié).
Enfin, j’ai constaté une différence dans les profils des personnels. À Milan, de nombreux collègues sont titulaires d’un doctorat, ce qui leur confère une connaissance approfondie de l’environnement de la recherche et facilite certains échanges avec les équipes scientifiques.
- Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ?
Cette mobilité m’a permis d’avoir un regard différent sur mes pratiques professionnelles. J’ai pu comparer les organisations, identifier ce qui fonctionne bien chez nous mais aussi des pistes d’amélioration. J’ai surtout constaté à quel point les modèles européens peuvent être différents tout en poursuivant les mêmes objectifs.
Au-delà de l’aspect professionnel, c’est aussi une expérience humaine. Elle permet de créer des contacts, de mieux comprendre les métiers des autres universités et de renforcer un réseau européen très concret.
- Recommanderiez-vous cette expérience ?
Oui, sans hésitation. C’est une expérience très riche, qui permet de sortir de l’ordinaire.
Le dossier est relativement simple à monter et l’accompagnement est bien structuré. Je recommande surtout d’oser contacter directement l’université d’accueil pour co-construire son programme de "job shadowing" (observation professionnelle) : c’est ce qui fait toute la différence.
- Avez-vous envie d’effectuer d’autres mobilités par la suite ?
Oui, clairement. J’aimerais renouveler ce type d’expérience, notamment à l’Université de Heidelberg en Allemagne (toujours membre de 4EU+), dans le cadre d’un futur projet Erasmus+.