Louise Mousset
Diplômée de la double licence Sciences et Musicologie
La faculté m’a apporté bien plus que des connaissances : elle m’a appris à apprendre, à être autonome.
- Pouvez-vous nous raconter votre parcours et ce qui vous a menée à la physique ?
Je n’avais pas de projet précis après le bac, mais j’avais de bonnes notes en sciences et j’étais passionnée de musique. J’ai alors découvert par hasard sur internet la double licence Sciences et Musicologie proposée par Sorbonne Université. Pendant la licence, j’ai développé un intérêt pour la physique, c’est pourquoi j’ai pris davantage de cours de physique en troisième année. A la fin de la L3, j’ai également préparé un dossier pour intégrer l’École Normale Supérieure (ENS) de Cachan. J’y ai refait une L3 Physique et un M1 Physique, Théorie, Expérience et Modèle (Phytem). A la fin du M1, j’ai réussi le « second concours de l’ENS » qui permet d’obtenir le statut d’élève normalienne et ainsi d’avoir un salaire pendant 2 ans. J’ai ensuite préparé l’agrégation de physique-chimie à l’ENS Cachan, puis j’ai fait le M2 Noyaux, Particules, Astroparticules et Cosmologie (NPAC). Cela m’a menée à réaliser une thèse en cosmologie à l’Université Paris Cité, au laboratoire Astroparticule et Cosmologie. Après ma thèse, j’ai effectué deux post-docs de deux ans chacun, le premier à l’Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie à Toulouse, puis le second au laboratoire de physique de l’ENS à Paris. En 2025, j’ai finalement obtenu un poste de maîtresse de conférences à l’Université Paris-Saclay et j’ai alors rejoint l’Institut d’Astrophysique Spatiale à Orsay en septembre 2025.
- Pourquoi avez-vous choisi de vous orienter vers la recherche ?
Tout s’est fait progressivement. Les cours à la faculté des Sciences et Ingénierie (FSI) m’ont permis de développer un intérêt pour la physique. Ensuite, grâce à mes stages en L3 et M1, j’ai pu mieux définir ce que je voulais et ne voulais pas faire. Je me suis aussi formée à la pédagogie en passant l’agrégation et j’ai constaté que cela me plaisait réellement. Ensuite, faire une thèse était la continuité logique du M2 recherche et comme j’ai beaucoup aimé ma thèse j’ai décidé de poursuivre en recherche. Chaque étape de mon parcours m’a aidé à définir mon projet professionnel.
- Comment s’est passée la transition du doctorat à votre poste actuel ?
Mes deux post-docs ont été des expériences extrêmement enrichissantes. Le plus intéressant dans les années de post-doc, c’est que l’on n’est plus en thèse donc on gagne en autonomie, on apprend à gérer ses propres projets et à collaborer avec différentes équipes. Pendant mon premier post-doc, je n’ai fait que de la recherche. Mais pendant le deuxième, j’ai enseigné à des étudiantes et étudiants qui préparaient l’agrégation à raison de 150 heures par an. Cela a vraiment constitué un plus dans mon dossier pour devenir maîtresse de conférences.
- Quels conseils donneriez-vous aux étudiantes et étudiants qui découvrent la vie à la faculté ?
Il est essentiel de se faire des amies et amis, de créer du lien. Ensuite, il faut aller vers ce qui nous passionne, même si l’on ne se sent pas encore totalement expérimenté ou expérimentée dans le domaine. La curiosité, la motivation et l’ouverture d’esprit sont des atouts bien plus importants que l’expérience initiale. Il ne faut pas non plus hésiter à postuler à des parcours ambitieux et atypiques : tester différentes options permet de trouver sa voie. Dans mon cas, la double licence Sciences et Musicologie a constitué un véritable atout dans mon dossier. Un double diplôme montre la motivation et la capacité à travailler intensément. Même si j’avais moins de bagage en physique qu’un ou une étudiante venant d’une prépa, ce parcours démontrait ma rigueur et ma curiosité. De plus, j’ai eu l’occasion de faire un séjour de six mois au Canada. Cette expérience a contribué à me faire gagner en maturité et ouverture d’esprit, des qualités importantes en recherche. Je garde de très bons souvenirs de mes années de licence, nous étions un petit groupe soudé et très bien encadré par des enseignantes et enseignants compétents et à l’écoute.
- Quels conseils donneriez-vous à celles et ceux qui veulent se lancer dans la recherche ?
Il est crucial de choisir un sujet qui passionne et une équipe agréable, car la recherche se fait beaucoup en collaboration. Faire un stage dans l’équipe envisagée pour la thèse permet de tester l’environnement et la dynamique de groupe. Il ne faut pas se décourager face aux concours ou aux multiples candidatures à envoyer avant de trouver un poste, cela peut finir par marcher ! Et puis il faut faire attention à garder un équilibre entre vie personnelle et professionnelle pour ne pas s’épuiser dans cette période de recherche de poste qui peut être longue.
Pour celles et ceux qui pensent pouvoir aimer l’enseignement, je recommande aussi vivement de préparer l’agrégation dès le master : c’est une expérience très formatrice et cela reste plus facile de la passer lorsque l’on est encore étudiante ou étudiant. Ensuite, c’est très rassurant de savoir que si on ne trouve pas de poste en recherche, on a un poste d’enseignant ou d'enseignante qui nous attend.
- Si vous deviez résumer ce que la faculté des Sciences et Ingénierie vous a apporté, que diriez-vous ?
La faculté m’a apporté bien plus que des connaissances : elle m’a appris à apprendre, à être autonome. Les enseignantes et enseignants passionnés ont été essentiels pour me motiver à poursuivre en physique.